
Je parlerais d'une comédie grinçante et décalée... C'est aussi une critique de la place grandissante de la télévision aujourd'hui et de la fiction qui envahit notre quotidien, au point de devenir elle-même réalité...
J'ai rencontré Benoît Ameil, grâce à la Maison du Film Court.
Très bien... Parce que c'est la première fois qu'un réalisateur, ne m'ayant pas encore vu jouer, semblait décidé à m'attribuer un rôle. Benoît m'a dit qu'il voulait un comédien avec une gueule pour jouer le père de famille. De toutes les propositions de comédien qu'il avait reçues, il n'avait retenu que la mienne...Il m'a donc demandé de passer des essais afin de confirmer son choix. Il faut dire aussi que je me suis passionné pour cette histoire dès la première ligne. Ce rôle m'est apparu comme une évidence. J'étais donc prêt à le décrocher coûte que coûte...
Nous avons beaucoup répété avant le tournage, discuté des personnages, leur rapport de couple... Pendant les répétitions, Benoît a tenu compte de toutes nos propositions de jeu, tout en nous indiquant, avec précision, ce qu'il voulait et ce à quoi il tenait dans la mise en scène. Ce travail essentiel de collaboration acteur/réalisateur nous a permis de garder le meilleur et de l'affiner ensemble.
C'est une rencontre incroyable, nous avons su en très peu de temps développer une très grande connivence. Nous étions sur la même longueur d'ondes, dès le départ, ce qui nous a permis d'avancer beaucoup plus vite dans le travail. Aude est d'une extraordinaire générosité, et ce fut un bonheur infini de l'avoir comme partenaire.
C'est un père de famille qui aime sa femme plus que tout. Il est donc prêt au pire pourvu que son ménage résiste. Il voit l'amourette de sa femme avec Georges Clooney comme une chose anecdotique, ça l'agace mais il ne fait rien pour y mettre fin. Et lorsque la réalité tourne au cauchemar, plutôt que d'y voir un appel au secours désespéré, lancé par sa femme, il préfère nier la réalité de son couple qui va mal, et agir en dépit du bon sens. Ce père n'affronte jamais les problèmes, il préfère colmater les fissures et se dire que les choses finiront par aller mieux... Un peu comme son épouse, il vit dans une bulle...